Une politique du logement verte et sociale est possible à Paris. C’est le projet des écologistes.
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Le projet de densification autour de l’école Erlanger, annulé par le Tribunal administratif, démontre l’importance d’une politique du logement social qui tienne compte de l’impératif de transition écologique de la Ville de Paris, dans la droite ligne des propositions des écologistes qui concilient ces deux impératifs sans les opposer.

A Paris, les écologistes sont favorables à la production de logements sociaux – dont l’objectif de 25% fixé dans la loi Duflot 2 – et au rééquilibrage de l’offre entre les arrondissements de l’Est et de l’Ouest. Mais plutôt que d’opposer – comme le font nos partenaires communistes – impératifs sociaux et écologiques, nous les lions. Qui dit production ne dit pas forcément construction de logements. 

Bien sûr que nous partageons l’objectif de lutte contre AirBnB! Bien sûr que nous défendons farouchement la politique du Logement d’abord en faveur des personnes sans-abris! Bien sûr que nous voulons nous battre pour garantir un accueil digne aux personnes exilées!

D’ailleurs, quand il s’est agi de s’opposer à la vente du patrimoine commun à des intérêts privés dans la perspective d’y construire des logements de luxe et des bureaux, qui a été le premier à faire entendre sa voix ? Les écologistes

Qui s’oppose aux projets de tours comme la Tour Triangle, essentiellement affectés à des locaux de bureaux et des hôtels de luxe ? Les écologistes.

Qui a porté la loi ALUR permettant l’encadrement des loyers ? Les écologistes.

Qui a augmenté le taux de logements sociaux de 20 à 25% ? Les écologistes avec la loi ALUR portée par Cécile Duflot en 2013

Qui a porté – sans succès vis à vis de la majorité parisienne – le blocage des loyers ? Les écologistes.

Qui a créé l’office foncier solidaire pour lutter contre la spéculation foncière ? Les écologistes.

Qui sera sans doute seul à concilier ces impératifs lors de la révision du PLU Bioclimatique ? Les écologistes.

Nous sommes mobilisés. Mais nous sommes également convaincus que la réponse à ces enjeux sociaux peut se faire sans en passer par la bétonnisation et l’abandon du patrimoine public aux promoteurs privés. Nous refusons le débat dans lequel nos partenaires tentent de nous enfermer en opposant espaces verts et logements sociaux et portons la focale sur le potentiel élevé que comporte la logique de production de logements sociaux par transformation du parc immobilier existant grâce, notamment, au recours au droit de préemption. 

Si selon nous, l’intention initiale du projet autour de l’école Erlanger de développer davantage de mixité sociale dans le quartier et de répondre aux besoins en équipements publics est bonne, les modalités arrêtées pour sa conception ne répondent pas correctement à l’objectif. La construction projetée de bâtiments R+8 au-dessus de l’école présente des impacts très dommageables pour les écoliers. La cour existante de 1000m2 pour 150 élèves sera, en effet, réduite à 500m2 pour 450 d’entre eux. Le tout surplombé d’un filet pour éviter les risques d’éventuelles chutes d’objets par les fenêtres des futurs immeubles, entraînant une véritable dégradation de la qualité de la cour des écoliers, là où nous défendons le développement de cours oasis.

A cela s’ajoute l’abattage des arbres centenaires requis en continuité avec la logique d’abattage /replantage d’arbres privilégiée pendant toute la mandature précédente, et dont le remplacement n’est prévu que pour moitié. 

La suppression de 400 mètres d’arbustes dans un espace vert protégé apparaît à contre-courant des orientations qui devraient être prises pour lutter contre les îlots de chaleur et pour rafraîchir la ville, c’est le sens de l’adaptation de notre Ville à l’urgence climatique.

La décision du tribunal administratif qui annule le permis de construire pour non-respect des dispositions du règlement du plan local d’urbanisme – notamment parce qu’il porte atteinte «à l’équilibre écologique et à la qualité végétale du terrain» – offre une opportunité pour recalibrer le projet à plus petite échelle, le rendre à taille humaine et répondre aux besoins en mixité et en offre scolaire du quartier sur lesquels nous alertons depuis des années..