Tour Eiffel : la végétalisation de Paris doit profiter à tou.te.s les parisien.ne.s
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Le projet de réaménagement des abords de la Tour Eiffel présenté par la Maire de Paris mardi 21 mai 2019 prévoit de réduire la place de la voiture pour faire la part belle aux piéton.ne.s et à la nature. En tant qu’élu.e.s écologistes nous pouvons donc que nous en satisfaire mais le réaménagement de la Tour Eiffel reste symbolique. Il n’est malheureusement pas le reflet d’une politique publique menée en faveur de plus de nature à Paris, mais belle et bien une jolie carte postale pour accueillir les touristes et les JO 2024.

Le projet présenté s’adresse principalement aux touristes notamment étranger, car plus de 80% des visiteur.e.s de la tour Eiffel ne sont pas de Paris. Nous regrettons qu’une telle ambition ne profite pas à des quartiers nécessitant un meilleur rééquilibrage entre les zones minérales et végétales. Nous regrettons une fois de plus que la végétalisation de Paris se fasse principalement pour des questions d’image.

Il y a bien deux poids, deux mesures lorsqu’il faut végétaliser, piétonniser et réduire la place de la voiture à Paris. Les quartiers du Nord et de l’Est sont voués à être le terrain de luttes entre les riverain.e.s et des investisseurs avides de mètres carrés peu chers pour la construction de bureaux ou de projets immobiliers, en témoigne la lutte menée par les écologistes pour préserver les 6000m2 de biodiversité du TEP Ménilmontant dans le 11e arrondissement. En témoigne aussi le jardin de seulement 6 hectares prévu à Chapelle Charbon, dans le 18ème, présenté comme un « poumon vert »  pour la population qui vivra dans ce morceau de ville construit sur 200 ha, dans le cadre du GPRU (Grand Projet de Rénovation Urbain) Paris Nord Est, de part et d’autre du périphérique. Comparée aux autres métropoles, Paris est très loin de rattraper son retard en matière d’espaces verts !

Le nouveau site Tour Eiffel doit être exemplaire et répondre aux ambitions portées par les écologistes lors des plans Climat et Pluie et Biodiversité. Nous restons donc très vigilant.e.s sur le réaménagement des 54 hectares pour réellement réduire les surfaces imperméabilisées, préserver les espaces de pleine terre, faciliter les mobilités douces ainsi que sur les kiosques et points de ventes qui verront le jour. La Tour Eiffel et ses abords ne doivent pas se transformer en un jardin pour touristes et parisien.ne.s fortuné.e.s, dédiées à l’hyper-commercialisation !

David Belliard, président du groupe écologiste de Paris

Pascal Julien, conseiller de Paris, élu du 18ème arrondissement

 

Photo : Tour Eiffel par Juanedc. Licence Creative Commons. Wikimedias