Radioactivité dans l’eau du robinet: à quels risques nous expose l’industrie nucléaire ?
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L’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest (ACRO), association normande agréée de protection de l’environnement, a dévoilé une carte des contaminations radioactives de l’eau potables. Les données utilisées sont toutes issues des mesures du ministère de la santé. La carte indique les communes distribuant de l’eau potable contaminée au tritium, un phénomène qui concerne 122 communes d’Île-de-France.

Ce données sont bien connues de l’Etat, mais les citoyennes et les citoyens ignorent que l’eau qui sort de leur robinet est contaminée. Comme pour l’ensemble des enjeux liés au nucléaire, les experts gèrent les risques et les pollutions en silence. La carte publiée par l’ACRO a le mérite de montrer qu’en cas d’accident, la radioactivité se diffusera en grande partie par l’eau potable, dans les zones identifiées. Et il est fort probable que, comme les expériences de Tchernobyl et Fukushima le montrent, les autorités décident de relever artificiellement les seuils de toxicité plutôt que de protéger les populations. Aujourd’hui les autorités n’agissent qu’en cas de relevé supérieur à 100Bql/L,  il faut abaisser ce seuil à 10Bq/L.

“Encore une fois, nous sommes confronté-es aux conséquences que fait peser sur chacune et chacun d’entre nous le choix d’une production électrique nucléaire. Même l’eau du robinet est radioactive! dénonce  Annie Lahmer conseillère régionale Île-de-France, membre du groupe Alternative Écologiste et Sociale. Dans le fonctionnement normal de la centrale de Nogent-sur-Seine, on accepte que 4 millions de Franciliennes et Franciliens boivent une eau contaminée. Qu’en sera-t-il le jour où un incident d’ampleur s’y produit? Faudra-t-il approvisionner l’ensemble de l’Île-de-France avec des citernes?”

La production électrique par le nucléaire est coûteuse, dangereuse, polluante. Les Franciliennes et les Franciliens méritent de connaître les véritables enjeux qu’impliquent le maintien ou le renouvellement du parc existant. Il faut plus de transparence. La sortie du nucléaire est nécessaire.  Elle est possible, comme le montrent les travaux du collectif Négawatt, à condition d’engager une réelle transition énergétique basée sur la réduction de la consommation, l’accroissement de l’efficacité énergétique et l’usage des énergies renouvelables. Par ailleurs,  les conséquences d’une consommation régulière de tritium via l’eau potable ne sont pas connues, il est impératif de mener des études épidémiologiques concernant l’exposition des populations aux faibles doses.

 

Communiqué de presse du groupe Alternative Écologiste et Sociale, du 17 juillet 2019