Pollution : Il faut des mesures d’urgence plus ambitieuses pour protéger notre santé
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Fait historique, le tribunal administratif de Montreuil a donné raison à une mère et sa fille  atteintes de pathologies respiratoires dans le procès qu’elles ont intenté à l’État. Le jugement est tombé : « l’État a commis une faute du fait de l’insuffisance des mesures prises en matière de qualité de l’air pour remédier au dépassement, entre 2012 et 2016, dans la région Ile-de-France, des valeurs limites de concentration de certains gaz polluants ».

Alors qu’un nouveau pic de pollution est prévu pour demain, le Ministre de l’Environnement a annoncé des mesures permettant d’être plus réactifs en cas de pics : automaticité de la circulation différenciée dès le lendemain du pic de pollution et autorisation de circulation pour les véhicules Crit’Air allant de 0 à 2 uniquement.

Bien que ces mesures aillent dans le bon sens, elles sont loin d’être suffisantes. “La pollution de l’air met en danger la santé de chacun.e d’entre nous. Nous ne pouvons pas attendre le pic de pollution pour agir !”, dénonce David Belliard, président du groupe écologiste de Paris. “Un pic de pollution ça se prévoit. La circulation différenciée doit être mise en place la veille du pic pour tenter de l’endiguer ou du moins réduire son intensité. Répondre à l’urgence sanitaire est notre priorité”. Et pour rendre la circulation différenciée efficace, la Préfecture de Police doit jouer le jeu et contrôler sérieusement les véhicules en circulation.

Par ailleurs, pour déclarer le seuil d’alerte franchi, le gouvernement se base sur les normes de pollution de l’Union Européenne. Ces normes sont déjà extrêmement élevées. Abaissons les seuils au niveau de ceux préconisés par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et cessons toute complaisance avec lobbies automobiles.

Enfin, rappelons, s’il en était besoin que la pollution de l’air tue 38 000 personnes chaque année en France. C’est au quotidien que nous devons réduire drastiquement la pollution. En zone urbaine, comme l’est Paris, la priorité doit être de réduire la pollution automobile et remettre dès que cela est possible de la nature en ville.

David Belliard, président du groupe écologiste de Paris