Plan d’investissement d’ADP : des annonces au mépris de tous les débats en cours et de l’environnement
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En plein débat sur la privatisation des aéroports d’Orly, de Roissy-Charles de Gaulle et du Bourget, la direction d’Aéroports de Paris a dévoilé mardi 2 avril sa proposition de contrat de régulation économique (CRE) avec l’État pour la période 2021-2025. Au mépris de la COP21 et des engagements français contre le dérèglement climatique, pas moins de 6 milliards d’euros d’investissements sont prévus sur les prochaines années pour accroître encore et toujours plus le trafic aérien, mettant ainsi en péril l’environnement et la santé des Francilien-nes.

Pour Ghislaine Senée, “il est temps de dire stop à cette quête éperdue de croissance du trafic aérien, alors même que les Francilien-nes demandent la réduction du nombre d’avions au-dessus de leur tête et l’instauration d’un couvre-feu la nuit sur Roissy comme cela a été fait à Orly. Le futur groupe privé ADP ne peut s’arroger des droits à polluer l’Île-de-France. Il est franchement osé aujourd’hui de faire un pari sur un projet de développement ultra-carboné qui amplifierait de surcroît la dégradation de la qualité de vie et de l’état de santé des Francilien-nes ! ”

Coup de force contre l’environnement, le document de travail d’ADP est également un véritable coup bas contre les concertations locales actuellement menées sur les projets de terminal T4 ou du CDG-Express, qui font toutes remonter une opposition de plus en plus massive au développement de l’aéroport de Roissy. Ces projets d’infrastructures sont omniprésents dans les documents d’ADP, alors même que les concertations ne sont pas achevées et qu’elles font déjà émerger des problèmes majeurs sur les transports du quotidien, le trafic automobile, la qualité de l’air ou encore la pollution sonore.

Alors que les mobilisations pour le climat s’intensifient, alors que la “honte de prendre l’avion” gagne certains pays comme la Suède ou l’Allemagne, il est encore temps pour l’Etat de rejeter de telles hypothèses de croissance. D’autant que l’augmentation des vols risque conduire inéluctablement à un augmentation incontrôlable de la pollution, comme le prouve le fait qu’une compagnie low cost figure aujourd’hui dans le top 10 des entreprises les plus polluantes d’Europe…

“On ne peut pas demander aux Francilien-nes de faire toujours plus d’efforts sur leurs déplacements pour limiter leur impact environnemental, et autoriser dans le même temps un si gros groupe à polluer toujours et sans frein. Pour respecter les Accords de Paris, nous devons envisager une baisse du trafic aérien, notamment à l’aide d’une meilleure fiscalité des carburants, au moins dans un premier temps pour les vols domestiques, voire européens,” déclare Mounir Satouri.

Valérie Pécresse qui a obtenu la garantie de siéger dans le futur conseil d’administration d’ADP pour y représenter le Conseil régional doit également clarifier son mandat auprès des Francilien-nes et prendre désormais clairement position contre ces projets néfastes pour l’Île-de-France.

 

Communiqué du groupe Alternative écologiste et sociale, au conseil régional d’Ile-de-France