Non à la privatisation de l’espace publique !
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Le conseil de Paris d’avril a permis d’apporter une bonne nouvelle pour en finir avec le freefloating sans foi ni loi : la mise en place d’une redevance pour les scooters, vélos et trottinettes qui encombre nos trottoirs. C’est une demande nous portons depuis de nombreux mois maintenant. Il était inconcevable que l’espace public parisien soit une source de revenus pour des entreprises qui certes favorisent les mobilités douces mais, font fi de toutes considérations sociales et environnementales ! Contrairement au gouvernement, la ville de Paris devra donc aller encore plus loin pour pacifier ses rues en sanctionnant les véhicules stationnés n’importe où, au détriment des piétons et les épaves abandonnées par les freefloateurs au bon soin de la ville car la gestion des véhicules dégradés leur coûterait trop chère.

Obstacles supplémentaires qui referont surface d’ici l’été sur nos trottoirs les “sucettes” : 1630 mobiliers dédiés à la publicité. Une pollution de plus, qu’avec les associations et les écologistes, nous avions réussi à éradiquer, que l’exécutif parisien s’empresse de remettre à l’ordre du jour. En ligne de mire, la possibilité d’accueillir de la publicité numérique. Si aujourd’hui le Règlement Local de Publicité ne permet pas les écrans numériques, la ville a d’ores et déjà annoncé sa volonté de modifier le cadre réglementaire. Et quand on sait que seul.e.s les écologistes y sont opposé.e.s, on peut craindre que le gouvernement saute sur l’occasion des Jeux Olympiques pour faire voter une loi d’exception et enfin permettre que des télévisions géantes diffusent des spots publicitaires 24h/24 dans la rue.

Et si la publicité a bien un objectif, c’est de faire consommer ! Plus ça va, plus il est difficile de faire un pas dans Paris sans qu’on nous propose d’acheter quelque chose. Les espaces de gratuité se réduisent comme peau de chagrin. Nouvelle étape : le futur projet de la gare du Nord, qui va transformer un pôle de mobilité en centre commercial.

Il est urgent de repenser la ville comme un endroit qui appartient à chacun.e, libre de toute privatisation ou commercialisation, où l’on pourrait simplement se déplacer, se retrouver, flâner…

David Belliard, président du groupe écologiste de Paris

 

Photo :  Trottinettes sur le trottoir, par EHFXC. Licence Creative Commons.