Arrestations arbitraires, brutalités contre les manifestants : les dérives du maintien de l’ordre à Paris doivent cesser !
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Samedi 12 décembre avait lieu une nouvelle journée de mobilisation contre la proposition de Loi Sécurité Globale. Bien que dûment déclarée par le collectif d’organisations et autorisée par la préfecture de police, la manifestation parisienne a été entachée par les interpellations de masses infondées et la brutalité des tactiques de maintien de l’ordre. Europe Écologie Les Verts – Paris s’inquiète de dérives de plus en plus dangereuses et demande la démission du ministre de l’intérieur. 

Interpellations en masse et gardes à vue arbitraires, charges violentes et infondées, journalistes et manifestant-e-s matraqué-e-s, les images de la gestion du maintien de l’ordre lors de la manifestation de samedi sont glaçantes. «Entre les nouvelles arrestations de journalistes, les gardes à vue arbitraires de manifestant-e-s et de jeunes lycéen-e-s – avec pour la plupart des classements sans suite – et les charges policières répétées contre le cortège, nous assistons à la démonstration d’une véritable stratégie de sape de la mobilisation contre la Loi Sécurité Globale» s’inquiète Antoine Alibert co-sécrétaire d’Eelv Paris.

Symbole d’une dérive autoritaire de plus en plus palpable : l’arrestation et la garde à vue d’une jeune lycéenne de 17 ans qui ne faisait que filmer un policier. Pas encore adoptée, la loi Sécurité Globale et son fameux article 24 – jugés « incompatibles au droit international des droits de l’homme » par l’ONU – semble déjà produire ces effets. « Dans une démocratie comme la nôtre, dans notre pays qui a vu naître les Lumières, il est intolérable de voir les autorités mater chaque fois plus violemment la contestation d’une loi qui fait quasiment l’unanimité contre elle» dénonce Emma Ayout, co-secrétaire d’Eelv Paris.

Alors que la France a été justement rappelé à l’ordre mercredi 9 décembre par Michelle Bachelet -la haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU – qui exhortait les autorités françaises à revoir ses méthodes de maintien de l’ordre, le nouveau cap franchi samedi est lourd de conséquence : « la faillite de la gestion du maintien de l’ordre Préfet Lallement ne fait plus de doute et doit être sanctionnée par sa démission (comme l’ont demandé dans une lettre à Emmanuel Macron, les élu.es du Groupe Ecologiste de Paris). Mais l’inaction du ministre de l’intérieur interpellé par les ONG, les syndicats et aujourd’hui le haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations Unis, sur la gravité de la situation pose très clairement la question de son maintien en fonction » concluent Antoine Alibert et Emma Ayout.

Les écologistes d’Eelv-Paris réaffirment leur soutien à la mobilisation contre la Loi Sécurité Globale et appellent le Président de la République à réviser immédiatement les méthodes de maintien de l’ordre pour permettre le libre exercice du droit fondamental de manifester et à démettre de leurs fonctions le Préfet de Police de Paris et le Ministre de l’intérieur.