Désintoxiquons notre santé de l’emprise des lobbys : Pour une autre politique du médicament en France et en Europe.

DESINTOXIQUONS NOTRE SANTE DE L’EMPRISE DES LOBBYS Pour une autre politique du médicament en France et en Europe.

Jeudi 22 Octobre  de 9 à 13h

Assemblée Nationale – Salle COLBERT

9h – 9h15 : Accueil,  Jean-Louis Roumégas (député) et Michèle Rivasi (députée européenne)
+ Romain Icard (réalisateur du film documentaire « Médicaments sous influence »)

9h15 – 10h15 : Etat des lieux de la sur-prescription et de la sur-facturation médicamenteuse en France et l’épidémie des conflits d’intérêts dans le domaine de la santé .

  • Modération : Anne Chailleu (experte de la lutte anti-corruption en matière de santé publique)
    Marie-Odile Bertella-Geffroy (ex magistrate, responsable du Pôle santé du TGI de Paris, avocate spécialisée dans les questions sanitaires) = failles dans la justice et la reconnaissance de responsabilité des labos
  • Thierry Bodin (chercheur et syndicaliste, CGT Sanofi) = externalisation de la recherche + aides publiques non conditionnées CICE / CIR
  • Philippe Even (professeur de médecine, Président de l’Institut Necker) = conflits d’intérêts expertise
  • Didier Lambert (Président de l’association E3M) = pénurie organisée du DTP
  • Serge Rader (pharmacien, lanceur d’alerte) = surfacturation du médicament en France
  • Olivier Saint-Jean (Professeur, chef du service de gériatrie de l’Hôpital Pompidou) = la maladie d’Alzheimer : un cas d’école des dérives de la big-pharma
  • unE représentantE du collectif Générations Cobayes = haro sur la sur-prescription et sur le gavage des étudiants par les labos dès le biberon
  • professeur Montanari = des nanos dans les vaccins

10h30 – 11h30 :  Les pistes pour baisser le prix du médicament et éviter les conflits d’intérêts : la nécessaire réforme de la filière du médicament .
Modération : Sébastien Barles (coordinateur opération Mains propres sur la santé)

  • unE représentantE du LEEM = réaction état des lieux
  • Irène Frachon (pneumologue, lanceuse d’alerte du scandale du Médiator), = formation + fonds de garantie des victimes
  • Geoffrey Begon (porte-parole de l’Alliance des Maladies Environnementales
    Émergentes – AM2E) = expertise indépendante
  • Gaëlle Krikorian (spécialiste des questions de propriété intellectuelle) = brevets
  • Olivier Maguet (ONG Médecins du Monde), = licence obligatoire
  • Severine Tessier (Présidente de l’association Anticor), = réglementer le lobbying
  • un magistrat italien de l’opération mains propres (santé),  = opération mains propres en Italie
  • un responsable de la DG Santé de la Commission européenne = les expériences de régulation en Europe et au niveau de l’UE
  • Marie Blandin (sénatrice) = loi sur les lanceurs d’alerte

11h30 : intervention de la Ministre Marisol Touraine

11h45 – 12h45 : débat pluraliste avec les groupes politiques
Modération : Stéphane Foucart (Le Monde)

  • Gérard Bapt (député PS)
  • Claude Malhuret (sénateur UMP, ex secrétaire d’Etat)
  • Laurence Cohen (sénatrice Front de gauche),
  • Michèle Rivasi (députée européenne EELV)

12h45 – 13h : Conclusion = Jean-Louis Roumégas (député)

Le médicament est aujourd’hui sur la sellette avec la multiplication des scandales ayant causé des milliers de morts ces dernières années : le Médiator (plus de 1300 morts), le Vioxx (au moins 35 000 morts), les statines pouvant provoquer de lourdes pathologies (myopathies, cataractes, insuffisance rénale…). Ces médicaments toxiques doivent être complétés par la liste des médicaments inutiles concoctée par Bernard Debré et Philippe Even. Ceux-ci estiment que le marché du médicament est un grand 4/4 composé de 25% de médicaments indispensables, de 25% de médicaments parfois utiles, de 25% de médicaments seulement occasionnellement utiles et enfin de 25% de médicaments totalement inefficaces et parfois dangereux.

Chaque année en Europe on estime à 200 000 le nombre de morts liés à des accidents médicamenteux. En France, le chiffre officiel est de 20 000 morts par an identifiés auxquels il convient sûrement d’en rajouter 10 000 non recensés du fait des carences de notre système de pharmacovigilance. Cela représente plus de victimes que les victimes des accidents de la route.

A cela s’ajoutent les scandaleux profits des « majors » pharmaceutiques qui n’ont rien à envier aux grands groupes pétroliers.

Le secteur pharmaceutique est même de très loin la première industrie mondiale en terme de bénéfices exprimés en pourcentage du chiffre d’affaires avec une moyenne de 20%. Ce domaine possède un atout considérable par rapport aux autres secteurs marchands : celui de jouer sur la peur et de jouer à faire peur en étant maître de notre santé.

Le laboratoire pharmaceutique américain Pfizer a vu son bénéfice net bondir de 51% à 22 milliards de dollars en 2013. Le bénéfice net des activités de Sanofi pour 2013 se situe à 6,69 milliards d’euros (plus de 9 milliards en 2011). Les taux de profit des principaux groupes pharmaceutiques mondiaux dépassaient en 2009 fréquemment les 30 % : 35 % pour AstraZeneca, 38 % pour Bayer, 36 % pour Roche et 41 % pour Sanofi selon la Mutuelle générale des Cheminots dans son étude sur l’industrie pharmaceutique.

Or, beaucoup de médicaments sont remboursés par la Sécurité sociale qui de ce fait garantit le chiffre d’affaires des industriels de la pharmacie et les profits de ses rentiers. L’Etat organise ainsi un détournement massif de l’argent public vers les poches des actionnaires de la Big-Pharma.

La cause principale de la dérive financiariste du secteur pharmaceutique avec son cortège de fusion, absorption et autre rachat de start-up tient à la panne sèche d’innovation réelle dans ce microcosme qui se porte si bien financièrement. Dans un rapport paru en 2012, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estimait que sur les 700 nouveaux médicaments mis en vente par les « majors » pharmaceutiques sur la décennie 2001-2011, seuls 4% présentent un intérêt essentiel. Edifiant. La Professeure de médecine Marcia Engel (ex rédactrice en chef de la revue New England Journal of Medecine) décrit d’ailleurs le secteur pharmaceutique comme un immense supermarché ne vendant que des médicaments copies (les fameux « me-too », « moi aussi je veux ma part de marché »).

La politique du médicament est en grande partie responsable du déficit structurel de la Sécurité sociale avec des dépenses qui culminent à 34 milliards d’euros. Les baisses de prix annoncées sont dérisoires et les déremboursements sont contrebalancés par l’introduction de nouveaux faux médicaments chers et inutiles  dont la plupart sont en ASMR 5 (sans aucune plus-value thérapeutique).

L’Italie offre les mêmes garanties sanitaires pour une dépense en matière de médicaments n’atteignant que 18 milliards d’euros. L’opération mains propres initiée dans les années 90 a permis d’assainir la situation dans le domaine de la santé.

Les causes de cette inflation du coût du médicament sont connues : opacité des instances de fixation du prix ; sur-prescription médicamenteuse et sous prescription des génériques ; foisonnement de conflits d’intérêts entre l’industrie pharmaceutique, les médecins, les politiques et haut-fonctionnaires.

Il est temps que notre République sapée par la généralisation des conflits d’intérêts et de la corruption se ressaisisse et réponde au lobbying institutionnel des multinationales et à la faiblesse des moyens de contrôle démocratique dans l’exécution des politiques de santé publique.

L’industrie pharmaceutique a permis pendant des décennies des progrès thérapeutiques considérables en transformant des découvertes en recherche fondamentale de centre de recherche publics en produit de santé sûrs et efficaces par des efforts considérables mis en recherche et développement.

Notre colloque a pour ambition de provoquer un sursaut de l’ensemble des acteurs pour que les laboratoires retrouvent leur juste fonction et que l’intérêt général retrouve sa place au cœur de la politique du médicament.

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A renvoyer avant le 16 octobre à : colloquemedoc22oct@gmail.com

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Salle Colbert. Assemblée nationale, Paris 7e Carte

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